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Publié le 04.11.2018
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Crédits : TNTV / TNTV Replay
Dans le cadre du référendum d'autodétermination de 2018 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie organisé ce 4 novembre 2018, notre Président Gaston FLOSSE a répondu aux questions de la chaîne avec en français Tamara Sentis et en tahtien Mata Ihorai.
Retrouvez ici les extraits des replay de TNTV en français et tahitien ainsi que la retranscription du passage en français.

Source des JTV de TNTV en français  et tahitien

Qu'est-ce que ça vous inspire ces résultats en Nouvelle-Calédonie ?

"Je voudrais d'abord féliciter l'ensemble des électeurs puisque la participation est importante : 85% je crois que c'est du jamais vu en Nouvelle-Calédonie. Et puis le résultat est quand même encourageant pour les indépendantistes puisque souvenez-vous, dans les sondages, le non à l'indépendance atteignait 70% et le oui 30%. Or, l'écart n'est pas aussi important que cela : 56% et 44%. Je pense que le Président de la République a manqué un peu de tact. Quand on analyse son intervention, il n'y a aucun mot pour ceux qui ont voté pour l'indépendance. Je pense qu'aujourd'hui la France ne peut pas les rejeter d'un revers de main. (...) Je pense qu'il faut réfléchir et arriver à un statut avec lequel tous les Calédoniens puissent travailler ensemble. (...) On voit bien que les Kanaks et les Caldoches, désirent travailler ensemble pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. (...) Ils ont de la chance parce qu'ils ont pu s'exprimer eux les Calédoniens : ceux qui sont pour, ceux qui sont contre. Ils se sont exprimés pour décider de l'avenir de leur pays. Alors que nous ici en Polynésie, qui décide de notre avenir ? Un fonctionnaire d'État qui vient ici 2 ans, 3 ans... On ne nous demande pas à nous notre sentiment sur notre avenir. C'est l'État français qui décide. Je pense que là, il devrait y avoir un peu plus de démocratie."

C'est à dire monsieur Flosse que si le référendum avait eu lieu ici en Polynésie, vous auriez glissé quel bulletin dans l'urne ?

"Je ne suis pas pour un vote brutal indépendance ou non. Le Tahoeraa Huiraatira a toujours été opposé à une rupture claire et nette entre nous et la France. Moi je pense qu'un statut du type État souverain associé à la France serait, je pense, le statut qui conviendrait à la Polynésie et pourquoi pas à la Nouvelle-Calédonie, car on ne peut pas, encore une fois, rejeter les Kanaks. Ils sont chez eux."

Vous êtes fermement opposé à l'indépendance et pourtant, on vous voit vous rapprocher d'Oscar Temaru récemment ?

"Et oui, mais nous ne nous rapprochons pas pour la politique. Je suis allé à l'arrivée d'Oscar Temaru pour protester contre la mesure d'inéligibilité qui a été prise contre lui. Ça, c'est une injustice flagrante."

Vous adhérez à la plainte déposée par le Tavini contre les Présidents français pour crime contre l'humanité ?

"Non je ne l'ai pas lue... Mais c'est un cri de désespoir de la part d'Oscar Temaru lorsqu'on l'écarte de la vie politique de ce pays, lui qui a travaillé pour ce peuple pendant près de 50 ans. Parce que les renseignements qu'il avait donnés ne sont pas suffisants, on le rend inéligible et il est hors-jeu. Pour quelle raison ? De même que pour la révision du procès de Pouvanaa, j'étais présent à la stèle pare que je considère, à moins que je me trompe : le fait d'annuler le jugement n'annule pas les accusations contre Pouvanaa. Ces accusations demeurent : "Pouvanaa a incendié la ville de Papeete, Pouvanaa avait un stock d'armes chez lui, des munitions, etc., mais c'est faux, tout le monde sait que c'est faux" (...)."

Quelle est la dimension stratégique pour vous ?

"Notre stratégie, c'est de sortir les 55 000 chômeurs, les sortir de la pauvreté. Sortir les 55 000 Polynésiens qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté, les sortir de là. Avec l'aide de l'État oui. Nous sommes français. De même que l'État aide les Guadeloupéens, les Martiniquais, le Réunionnais. Pourquoi est-ce qu'il n'aiderait pas les Polynésiens ? Nous sommes français et même plus français que les autres parce que nous avons contribué à donner à la France l'arme nucléaire. Aucun pays au sein de la République ne s'est sacrifié comme nous nous sommes sacrifiés pour la France. Et aujourd'hui grâce à cette bombe atomique, la France est au même niveau que la Russie, que les États-Unis (...) La France a tendance à oublier cela."

En tout cas hier (samedi, NDLR) vous n'étiez pas au tour de l'île organisé par le Tavini. Parait-il que vous étiez à Moorea pour rencontrer Evans Haumani. Les municipales approchent à grands pas. Est-ce qu'il y a des mises au point à faire avec les tavana Tahoeraa ?

"Ça, c'est un autre point. Mais vous savez avec Oscar Temaru, ce ne sont pas les problèmes politiques ou les élections qui nous rapprochent. Nous étudions pour voir quelle stratégie mettre en place pour sortir le pays de cette situation."

Vous êtes le seul à rencontrer Oscar Temaru. Vos militants, vos cadres du parti ne sont pas là quand vous allez à l'aéroport, à la stèle. Est-ce que votre parti est d'accord avec cette stratégie d'union avec le Tavini ?

"Oui, mais il est souvent arrivé aux représentants du Tahoeraa Huiraatira, de voter avec le Tavini pour approuver les projets du gouvernement lorsqu'il s'agit de l'intérêt général. (...) Par exemple, nous allons étudier ensemble la modification de la loi statutaire qui nous est soumise par le gouvernement français. On nous demande à nous de donner simplement un avis sur ce que sera notre avenir. C'est inacceptable. C'est nous qui devons décider de notre avenir. Or on nous dit "vous avez 30 jours pour nous dire si ce statut est bon pour vous ou pas, parce que c'est nous qui vous l'imposons, nous l'État français."

Donc vous êtes d'accord sur certains points avec le Tavini. Vous votez ensemble notamment à Tarahoi, vous voterez ensemble pour les municipales ? Y a-t-il une stratégie qui se profile ?

"Nous n'avons pas encore parlé des élections municipales. Encore une fois notre stratégie concerne le vote de certaines lois de Pays, de certaines délibérations : un vote ensemble à l'assemblée. Par exemple, nous allons nous réunir pour discuter de la prochaine loi organique sur le statut. Je proposerai un vote contre cette loi. On nous demande quel est notre avis sur notre avenir, alors que c'est nous qui devons décider "voici ce que nous voulons pour nos enfants, nos arrières petits-enfants, pour notre avenir". Or ce n'est pas le cas aujourd'hui."

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