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Les interventions

Le Mercredi 9 Aout 2017
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Intervention de Mme Juliette NUUPURE à l´Assemblée de la Polynésie française
Avis l'assemblée de la Polynésie française sur le projet d'ordonnance portant extension et adaptation outre-mer de dispositions de la loi 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé
Il nous est demandé d'approuver aujourd'hui un projet d'ordonnance qui n'en est plus un. En effet, le 19 juillet dernier, le conseil des ministres métropolitain approuvait ledit projet d'ordonnance ne nous laissant ainsi que peu de temps à l'émission de notre avis… C'est dire, le peu de cas que l'on accorde en haut-lieu, à notre population polynésienne !

Parce qu'il s'agit d'un sujet d'importance, abordant des thématiques de santé publique majeurs, comme l'IVG, le don d'organe ou encore, le traitement des malades mentaux, nous ne pouvions pas, malgré tout, rester muets sur ce dossier.

Mes premières observations concernent la réglementation relative à l'IVG.

En effet, il a été constaté par la direction de la santé, que le projet d'ordonnance  - celui finalement validé par le conseil des ministres - avait omis d'étendre à notre collectivité, certaines dispositions majeures relatives à l'IVG. Cette omission ne permettrait pas par exemple aux sages-femmes polynésiennes, de pratiquer d'IVG médicamenteuse (compétence du seul médecin), ce qui, aurait été une évolution favorable, et aurait rendu sa pratique moins contraignante notamment, en zone isolée (ou dépourvue de médecin).

Dans le même ordre, est exclu par cette omission, la possibilité de voir supprimer le délai d'une semaine entre les deux consultations médicales obligatoires ce qui aurait également été, une évolution favorable dans la prise en charge des résidentes des îles.

L'IVG, est un droit des femmes fondamental. Etre informée, accompagnée et prise en charge sans contraintes ni obstacles dans le cadre d'une interruption volontaire de grossesse, ne  doit pas être qu'une option pour nos polynésiennes.  Aussi, nous demandons à ce que la législation applicable à la Polynésie réponde à ces objectifs.

Les observations suivantes, porteront sur un sujet tout aussi délicat que l'IVG, le Don d'organe.

En effet, l'article L1232-1de l'ordonnance, vient étendre, à la Polynésie française, le principe du consentement présumé au don d'organe.

Il va sans dire que ce sujet à fait débat en commission législative et qu'il fera encore débat ici.

Le Don d'organe, présumé favorable, est un sujet difficile à défendre auprès des polynésiens. Il s'agit ici de dispenser le médecin, pratiquant un prélèvement d'organe sur le défunt, de solliciter l'avis des proches. Cette hypothèse, qui se révèle heureusement peu usité par les professionnels, peut, en effet choquer, et être perçu comme un vol d'organe voir même, une atteinte à certaines croyances et convictions religieuses.

Aussi, nous encourageons le gouvernement à informer aussi largement que possible la population, des démarches à accomplir en matière de don d'organe, cela afin d'éviter tous drames ou contestations violentes de la part des familles, souvent fortement attachées au respect de la dépouille de leur défunt.

Enfin, et je terminerai sur ce sujet tout aussi sensible, concernant la prise en charge des malades mentaux l'ordonnance prévoit plusieurs dispositions.

Hormis les observations reprises au rapport, nous tenions à rappeler aux autorités l'urgence de voir la construction du pôle de santé mentale aboutir, construction dont les travaux ont, apparemment, peiné à démarrer.

Ceci pour rajouter, qu'un grand flou demeure quant à la situation de la " Santé mentale en Polynésie ".

L'examen des comptes financiers du CHPF nous permet d'obtenir un certain chiffrage budgétaire. Cependant, quid de la situation des personnels, de la gestion et des difficultés vécues au quotidien par ces derniers et également par les familles ?

Les prises en charges à domicile sont-elles suffisamment accompagnées pour être efficaces ou ne sont-elles que des palliatifs aux défaillances de prise en charge au CHPF (notamment à la sur-occupation des unités de psychiatrie) ?

Des éclairages ou un audit serait appréciable sur le sujet, car, il est à constater, une constante augmentation du nombre de patients traité. Pourquoi par exemple, nous entendons dire que de plus en plus de personnes y sont traitées pour des situations de mal être au travail (burn out)?

Ou encore, pourquoi, le traitement des " alcooliques " est géré au sein de ces mêmes unités, alors qu'à mon sens, les pathologies sont bien différentes ?

Enfin, pourquoi observe-t-on une recrudescence du nombre de jeunes traités en unité psychiatrique ? Est-ce à cause de la propagation de nouvelles drogues ou d'autres raisons, traduction d'un mal-être sociétal profond ?

Bref, autant de questionnements qui mériteraient une étude poussée de la part des autorités.

….

Telles sont donc, les observations que nous tenions à partager avec les élus de notre Commission permanente.

Je vous remercie de votre attention.


 

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